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Un excellent document à se procurer est cette thèse : " The Invisible Boy – Revisioning the Victimization of Male Children and Teens " disponible en francais ici.
Ce document de référence aborde le problème des souffrances aux masculins et détaille les origines et les conséquences. Il propose aussi une autre analyse que celle communément admise sur le sujet.
http://publications.gc.ca/collections/Collection/H72-21-143-1996F.pdf
Un résumé du document de la main d'Olivier Kaestlé est disponible en bas de page.
Rédaction : Frederick Mathews, Ph.D., C. Psych.
Table des matières
Introduction : S’ouvrir aux victimes masculines
De la nécessité d’une perspective d’inclusion du vécu masculin
De la nécessité d’un nouveau regard sur la victimologie au masculin .
Le garçon invisible et sa raison d’être
Chapitre 1. La prévalence : Un drame aux nombreuses facettes
Exploitation sexuelle des garçons - enfants et adolescents
Conduite sexuelle abusive entre frères et/ou soeurs
Harcèlement sexuel
Viols et agressions sexuelles contre les hommes en prison
Enfants maltraités physiquement et émotivement, et en carence de soins
Violence entre frères et/ou soeurs
Châtiments corporels
Violence dans le cadre communautaire, scolaire et institutionnel
Suicide
Jeunes de la rue
Prostitution
Jeunes souffrant de handicaps
Réaction des professions aux victimes masculines - un des déterminants de la prévalence
Images de violence contre les garçons et les jeunes gens dans les médias
Chapitre 2. Agresseurs des garçons et des hommes
Conduite sexuelle abusive
Contrevenants adolescents
Étrangers ; connaissances
Contrevenants féminins
Dynamique de la conduite sexuelle abusive des femmes
Mauvais traitements et carence de soins
Châtiments corporels
Chapitre 3. Effets sur les victimes masculines
Conduite sexuelle abusive
Mauvais traitements physiques, châtiments corporels et carence de soins
La « licence des moeurs sexuelles des mâles » et ses conséquences
Chapitre 4. Implications
Implications pour la recherche
Implications en matière d’évaluation, de traitement et de développement de programmes
Une boucle de la violence ?
Implications en matière de développement du personnel et de supervision des programmes
A la recherche d’une grille d’analyse plus inclusive
Nos messages aux victimes masculines
En quoi les choses seraient-elles différentes pour les victimes masculines si nous reconnaissions leur existence ?
Commencer avec nous-mêmes comme adultes
Ressources et bibliographie
Olivier Kaestlé a rédigé une chronique sur ce document en résumant le contenu et les conclusions. Cette chronique est accessible : On cogne aussi les garçons ...
Le 6 décembre approche et, avec lui, le 20e anniversaire
de la tuerie de Polytechnique. Bien que récupéré, cet événement fait partie de notre histoire et ne peut donc être passé sous silence. Autant faire comme si la crise du verglas ou le
déluge du Saguenay-Lac St-Jean n’était jamais survenu. Ce qui dérange toutefois, d’une année à l’autre, reste ce discours qui insiste si fortement sur la violence faite aux femmes que ces
dernières semblent les seules à subir ce fléau. Cette surexposition banalise indirectement le sort des enfants et des personnes âgées ou handicapées des deux sexes ainsi que des hommes
d’autres tranches d’âge. Existe-t-il semblables occasions annuelles où l’on dénonce avec pareille intensité la violence que ces groupes subissent ?
Dans cette perspective, il devient nécessaire de rappeler l’existence d’un document essentiel sur la violence infligée aux garçons, autant enfants qu’adolescents, intitulé fort à propos Le garçon
invisible. Cette étude, disponible sur le Web, a été réalisée par l’Association des familles d’accueil du Canada (AFAC) pour le compte du Centre national d’information sur la violence dans
la famille, de Santé Canada. Il s’agit donc d’un exercice crédible réalisé par des gens placés aux premières loges pour constater la violence dont nos garçons sont victimes.
On y apprend que le Canada, par ailleurs tant vanté pour son avant-garde humaniste, tire nettement de l’arrière quant à reconnaissance de cette problématique, en comparaison de plusieurs pays
occidentaux. Même nos voisins du Sud ont défriché le terrain et n’hésitent pas à affirmer que les plus jeunes garçons représentent la majorité des victimes de mauvais traitements physiques
et émotionnels chez les enfants et les adolescents. Preuve que notre pays n’est pas totalement déconnecté, une étude ontarienne corrobore ce fait en précisant que les garçons demeurent
surreprésentés dans les catégories des mauvais traitements physiques avec des pourcentages de 59 % chez les 0-3 ans, 56 % pour les 4-7 ans et de 55 % pour les 8-11 ans. Ces majorités
peuvent paraître courtes, mais dans un contexte où les victimes reconnues de sévices en tout genre restent principalement féminines, elles permettent de rééquilibrer les perspectives.
N’est-il pas étonnant que le groupe des 12-15 ans soit le seul à afficher une prévalence supérieure pour les filles, avec 56 % ? Entre ces âges, les garçons sont toutefois moins portés que
leurs consoeurs à signaler une conduite abusive et tentent de se défendre eux-mêmes. Une volonté de s’affirmer prématurée peut entraîner un repli sur soi dévastateur, en cas d’échec.
Les garçons de tous les groupes d’âge sont par ailleurs victimes de coups et de blessures nettement plus sévères que les filles, en plus de représenter 54 % des victimes de mauvais traitements
émotionnels.
Les conclusions des auteurs sont sévères. En refusant de reconnaître l’ampleur de la violence vécue par nos garçons, notre société, qui les enferme de surcroît dans des stéréotypes autant
culturels que relationnels, les prive d’une « vie émotionnelle riche et les ampute de portions entières de leur être essentiel ». L’étude insiste sur la nécessité d’amener les garçons à
s’exprimer sur leur vécu dans leurs mots, et ajoute que ces jeunes font tout autant partie de la solution à leurs problèmes que les parents, professeurs, psychologues, travailleurs sociaux,
intervenants divers et citoyens dits « ordinaires », capables d’ouverture et d’empathie. Nous avons beaucoup à perdre en transformant, par notre indifférence, de futurs adultes en presto
ambulants. Heureusement, les cas de dérive extrême restent marginaux, mais il est permis de se demander si, avec une attitude sociétale plus préventive et réceptive envers nos garçons, 14
jeunes femmes n’auraient pas eu la chance de vieillir…
Également paru dans Le Journal de Montréal du 24 novembre et dans Le Soleil du 29 novembre 2009
Sauf mention contraire explicite précisée à l'en tête de l'article, les textes sont de ma plume.
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